Gaston première manière
Gaston est au début simplement indolent, paresseux et à l'occasion gaffeur (trouvant le moyen de mettre le feu aux extincteurs, par exemple). Ses gaffes lui donneront, bien après son apparition, un nom de famille et une fonction récurrente dans le journal : empêcher de signer des contrats importants avec M. De Mesmaeker (précisons que De Mesmaeker est le nom dans le civil du dessinateur Jidéhem, dont le père a servi de modèle au célèbre homme d'affaires malchanceux), inonder les locaux, etc.
Il passe alors la plus grande partie de son temps à essayer d'éviter de travailler (en se cachant dans une armoire, ou bien plus simplement en dormant sur son bureau...).
Gaston seconde manière
Au fil des années, d'indolent qu'il était, Gaston devient astucieux et invente des astuces et appareils destinés à lui faciliter le travail. Son système de classement du courrier, à base de micro-perforations, laissera pantois Prunelle et Fantasio jusqu'à ce qu'ils découvrent l'origine des petits trous : Gaston classait en bellevue en accrochant le courrier sur son cactus géant.
L'univers de Gaston
Gaston s'est régulièrement essayé à la pratique de la musique, chantant parfois, utilisant des instruments conventionnels (guitare, trombone, tuba, batterie) mais surtout des instruments dont il est le créateur, le plus emblématique étant le gaffophone, apparenté à la harpe africaine, mais de plus grande taille, muni d'un pavillon, et doté d'une sonorité aux effets dévastateurs et inattendus. Dans une série de gags récurrents, on voit ainsi le gaffophone causer la destruction de divers immeubles (dont le sixième étage de la rédaction), équipements et véhicules (camion de déménagement, avion de chasse...) mais également la panique ou l'exode massif de divers animaux.
Dans le domaine alimentaire, Gaston affiche d'une part une attirance pour une série de produits populaires et peu élaborés (sardines à l'huile, pilchards, saucisses en boîte, crêpes...) dont la consommation ou la préparation s'effectue bien sûr au détriment de son travail de bureau. Là aussi, les tentatives réciproques de gaston pour parvenir à ses fins, de Fantasio et plus tard Prunelle pour l'en empêcher, donneront lieu à de multiples variations.
D'autre part, il pratique en toute bonne foi une cuisine expérimentale et qui se voudrait gastronomique (morue aux fraises, cabillaud à l'ananas) mais qui ne parvient qu'à susciter le dégoût et entraîner divers états pathologiques dans son entourage, à l'exception (outre de lui-même) de quelques amis et ouvriers de passage.
Doté d'un esprit presque scientifique, Gaston s'adonne à la chimie amusante, à l'aide de kits destinés aux enfants. Evidement, il pratique cette activité dans le batiment de la rédaction de Spirou, au plus grand désespoir de Prunelle. Gaffeur de nature, Gaston, ne lisant bien-sûr pas le mode d'emplois, réussira plusieurs fois à faire exploser une partie de l'immeuble avec ses nombreuses expériences.
Gaston s'est entouré peu à peu de divers animaux : un chat turbulent ("le chat dingue", inspiré du propre chat de Franquin), une mouette rieuse, un poisson rouge (Bubulle) et quelques souris (dont l'une est dénommée Cheese) qui semblent résider de manière permanente au bureau. D'autres apparaissent de façon ponctuelle: une vache gagnée à une loterie, un hérisson, un lionceau, un éléphant peint en rouge, des tortues marines, une dinde et même un homard (ces deux derniers destinés initialement à être cuisinés échappant à ce sort par l'intervention de Gaston).
Comme son inventeur, Gaston est un défenseur de la cause animale, ce qui se découvre dans plusieurs planches. On peut citer, entre autres, son intervention avec un couvercle de poubelle et un té de dessinateur pour empêcher Prunelle de prendre un classeur où des souriceaux viennent de naître, mais aussi la planche où; en lieu et place de son travail de bureau, il soigne beaucoup d'animaux, et donne le biberon à des chatons en disant à Fantasio "Oui, abandonnés, toute une nichée: il y a des gens qu'il faudrait f...en prison".
Gaston a une famille, notamment sa tante Hortense que l'on ne voit jamais mais à qui il rend service. Elle est propriétaire d'un jardin et a des goûts musicaux aux antipodes de ceux de Prunelle... Il a également un oncle conducteur de bus et un neveu (ce qui laisse supposer qu'il a un frère ou une s½ur).
Les collègues de bureau
Fantasio (celui de Spirou et Fantasio) est l'un des piliers de la rédaction. On le voit généralement lorsqu'il tente de signer les contrats avec M. De Mesmaeker - sans y parvenir, en raison des interventions de Gaston... Étonnante inversion : symbole lui-même dans les aventures de Spirou de la fantaisie et de l'invention face au sérieux de Spirou, il adopte l'attitude inverse face à Gaston qui devient à Fantasio ce que Fantasio était à Spirou ! Au moment de la reprise de la série Spirou et Fantasio par Jean-Claude Fournier (~1970), Fantasio disparaît de la série Gaston Lagaffe.
Léon Prunelle est le successeur de Fantasio au poste de chef de Gaston. Colérique, grand consommateur d'adrénaline, fumant la pipe, il s'est juré d'être « l'homme qui a fait travailler Gaston » et à ce titre il le pourchasse continuellement pour l'empêcher de faire toute sieste ou toute pause et pour lui rappeler qu'il doit s'occuper du courrier en retard. Il tente également d'empêcher de cuisiner, de bricoler, d'inventer et, bien évidemment, de gaffer. À noter que Prunelle est le premier personnage de bande dessinée à jurer ouvertement, usant notamment du rognnntudju, qui serait dérivé d'un juron de l'ancien français signifiant "croix de Dieu".
Yves Lebrac est l'un des dessinateurs du journal. Il est beaucoup plus décontracté que Prunelle et a tendance à perdre ses outils de travail : gomme, crayon, encre de Chine... Souvent Gaston ou son chat y sont pour quelque chose. Il fait la cour (perpétuelle) à la secrétaire qui est dans son bureau. Il est également un habitué des jeux de mots cocasses qui bien souvent déplaisent à Prunelle.
Bertje Van Schrijfboek est le traducteur du journal (son nom dérive du flamand schrijven, écrire, et boek, livre). Il rigole bien souvent des trouvailles de Gaston.
Spirou (également celui de Spirou et Fantasio) apparaît dans quelques gags, pour donner la réplique à Fantasio.
Joseph Boulier, comptable acariâtre des éditions Dupuis, n'a de cesse de traquer les dépenses inutiles de la rédaction et tout particulièrement celles de Gaston.
Mélanie Molaire et Jules Soutier, respectivement femme de ménage et concierge des éditions Dupuis, ils sont généralement furieux contre les gaffes de Gaston qui saccage le matériel quand ce n'est pas la chaudière ou l'ascenseur.
Charles Dupuis, directeur des Éditions Dupuis
Yvan Delporte, rédacteur en chef à la barbe célèbre, est souvent montré, mais jamais nommé.
Jef Van Schrijfboek, frère de Bertje, apparait dans quelques gags de Gaston.
Raoul Cauvin, apparait dans quelques gags de Gaston.
Les secrétaires
Mademoiselle Jeanne ("M'oiselle Jeanne" pour Gaston) est une collègue de Gaston, cependant, elle occupe une place toute particulière. En effet, elle est amoureuse de Gaston, qui est également amoureux d'elle. Jeanne voue une admiration sans borne à Gaston. Elle admire son talent, son courage, sa capacité à oser les choses les plus folles, etc. Gaston, quant à lui, va jusqu'à emprunter la grande échelle des pompiers grâce à l'un de ses amis pour lui rendre visite alors que celle-ci a eu des mots avec sa mère. Cependant, il lui arrive parfois de la décevoir : alors qu'elle croit qu'il grave un c½ur avec leurs initiales sur l'écorce d'un tronc d'arbre, Gaston est en fait en train de dessiner un visage...
D'abord présentée sous les traits d'une personne timide au style très classique, elle évolue progressivement vers un personnage beaucoup plus « à la page ».
Mademoiselle Yvonne, châtain
Mademoiselle Sonia, brune
Mademoiselle Suzanne, blonde
Les copains
Jules-de-chez-Smith-en-face est un bon ami de Gaston. Il « travaille » dans le bureau juste en face de celui de Gaston, de l'autre côté de la rue. Aussi tentent-ils de communiquer grâce à une ficelle reliée à des pots de yaourt tendue entre leurs fenêtres, ou bien ils s'envoient des avions téléguidés, ou alors ils tentent de tendre une corde au-dessus de la rue en plein hiver pour qu'il s'y forme des stalactites de glace... C'est un gaffeur comme Gaston.
Bertrand Labévue est un autre ami de Gaston. Comme son nom l'indique, il est également un grand gaffeur. Gaston tente souvent de l'aider quand celui-ci passe des moments difficiles au bureau, par exemple en tentant de lui fournir des ouvre-boîtes lorsque Prunelle se met en guerre contre les boîtes de fruits au sirop et les ouvre-boîtes indispensables. Dépressif, Bertrand est également très gourmand, mais les « exploits » culinaires de Gaston ne font que renforcer sa dépression...
Manu, quant à lui, exerce des métiers très divers : tantôt il est ramoneur, tantôt égoutier ou responsable de l'installation des panneaux signalétiques dans la rue. Il est toujours prêt à aider Gaston pour embêter Longtarin.
Longtarin
Joseph Longtarin est un policier gradé (il est brigadier-chef) travaillant dans le quartier de la rédaction de Spirou. Il est l'une des « victimes » préférées de Gaston et ses amis : ils abîment ses chers parcmètres, les remplacent par des distributeurs de bonbons, y ajoutent un système de télécommande pour ne plus avoir à descendre « nourrir l'affreux mange-pièces », ou bien au contraire les équipent de fusées de détresse permettant de repérer facilement les contraventions. En contrepartie, Longtarin s'acharne sur Gaston : il examine ses nouveaux véhicules sous toutes les coutures pour vérifier s'ils sont bien aux normes, surveille particulièrement les parcmètres autour desquels se gare Gaston et met son énergie à lui dresser le plus grand nombre de contraventions possible. Cependant il ne manque pas de c½ur : lorsque Gaston et ses amis se débrouillent pour faire pousser un arbre autour d'un parcmètre, arbre sur lequel des oiseaux font leur nid, Longtarin décide (sous la pression de Gaston et ses amis) que les personnes voulant se garer devront payer en nourrissant les oisillons.
M. De Mesmaeker
Aimé De Mesmaeker, dit M. De Mesmaeker, est un riche homme d'affaires : il possède un avion privé (détruit par Gaston) et a au moins deux filles, dont l'ainée ne roule qu'en Alfa Roméo. On le voit toujours alors qu'il essaye de signer « les contrats » avec Fantasio puis Prunelle, et, de rares fois, Boulier ou M. Dupuis.
Gaston fait à chaque fois rater la signature de ces contrats (dont Franquin lui-même déclara ne pas connaître le contenu) : il s'en sert pour faire une démonstration de sa machine à recycler le papier, déclenche les systèmes anti-incendies sur le cigare de M. De Mesmaeker, etc. Cela lui attire les foudres de ses collègues et provoque une fureur récurrente de M. De Mesmaeker. Ce dernier lui propose toutefois dans une bande de signer un contrat pour la vente de sa soupe aux légumes, et dans une autre pour son horloge Apollo (le Cosmo-coucou, l'horloge en avance sur son temps).
MM. Ducran & Lapoigne
Ducran & Lapoigne sont associés d'une entreprise de Travaux Publics spécialisée dans la construction de ponts. Pour leur plus grand malheur, leurs bureaux sont mitoyens des éditions Dupuis. Ils subissent fréquemment les retombées des gaffes gastoniennes.
Les albums
Les albums de Gaston Lagaffe sont très particuliers. En effet, 15 albums principaux ont été édités entre 1963 et 1996, et en 1997 a eu lieu une réédition complète, en 19 albums, de tous les gags parus dans Le Journal de Spirou, classés par ordre chronologique.
La première édition des albums de 1 à 5 était en petit format. C'est à partir du numéro 6 que le format A4 fut adopté. Des albums A4 reprenant les gags des albums 1 à 5 parurent ensuite, avec des numéros commençant par R comme « rétrospective » ou « réédition », si bien que le numéro R1 est paru après le numéro 2 et le numéro 0 vingt ans plus tard. Comme le matériel présent dans les 5 albums petit format était insuffisant, il fallut complèter par des gags en texte pour publier 4 albums, et il n'existait pas de recueil R5, laissant un trou dans la collection. Ce fut la base de nombreuses spéculations et nombreux gags. Même quand un album fut consacré à la genèse du personnage (reprennant des textes et dessins parus uniquement dans le Journal de Spirou), il fut numéroté 0 et non 5 ou R5. Cependant, en 1986, les éditions Dupuis ont publié un album de gags jusque-là jamais mis en album de Gaston, laissant ainsi une légende d'un album R5 introuvable s'effondrer.
0: Gaffes et gadgets (1985) [reprend la genèse du personnage]
1: Gare aux gaffes (1966)
2: Gala des gaffes (1963)
3: Gaffes à gogo (1964)
4: Gaffes en gros (1965)
5: Les Gaffes d'un gars gonflé (1967)
R1: Gala de gaffes à gogo (1970) [reprend les albums Gala de gaffes et Gaffes à gogo)]
R2: Le bureau des gaffes en gros (1972) [reprend l'album Gaffes en gros)]
R3: Gare aux gaffes du gars gonflé (1973) [reprend les albums Gare aux gaffes et Les Gaffes d'un gars gonflé)]
R4: En direct de la gaffe (1974) [numéro spécial, avec beaucoup d'En direct de la rédaction]
R5: Le lourd passé de Lagaffe (1986) [reprend des inédits et des publicités pour le soda Orange Pieb½uf]
6: Des gaffes et des dégâts (1968)
7: Un gaffeur sachant gaffer (1969)
8: Lagaffe nous gâte (1970)
9: Le cas Lagaffe (1971)
10: Le géant de la gaffe (1972)
11: Gaffes, bévues et boulettes (1973)
12: Le gang des gaffeurs (1974)
13: Lagaffe mérite des baffes (1979)
14: La saga des gaffes (1982)
15: Gaffe à Lagaffe ! (1996)
En plus de cela, plusieurs albums spéciaux ont été édités :
Gaston (1960, petit album format 7x13 cm)
Biographie d'un gaffeur (1965)
Gaston et le Marsupilami (1978)
"Les Robinsons du Rail"
Feuilleton paru dans le journal "Spirou" durant l'année 1964 sous forme d'un récit écrit par Delporte, illustré par Franquin et Jidehem. Publié une première fois en album aux Editions de l'Atelier. Reédité en 1993 aux éditions de la petite Sirène. Là ou un train atomique emballé (par notre gaffeur) parcourt l'Europe avec Fantasio, Gaston et quelques figurants à bord, et où gaston ne sait vraiment pas que l'angleterre est une île...
un album commémoratif : Gaston 1957 2007 (sorti le 28 février 2007, jour des 50 ans de la première apparition dans Le journal de Spirou) avec des gags inédits.
De plus, à l'occasion du 40e anniversaire du personnage, en 1997, les éditions Dupuis rééditent l'ensemble des planches dans une collection de 19 albums. Alors que les numéros 1 à 18 reprennent le matériel des albums nommés numérotés 0, R1 à R5 et 6 à 15, le 19e est en fait un recueil de planches jamais parues jusque-là en album, incluant aussi bien les planches Gaston fou du Bus que les toutes dernières planches retrouvées sur le bureau de Franquin après sa mort, l'une d'elle encore à l'état d'esquisse. Cette édition porte la mention « édition définitive ».
À noter que les éditions Dupuis ont publié des gags de Gaston en flamand, et quelques planches publicitaires, notamment pour une boisson gazeuse, mettant en scène la rédaction du journal Spirou.
Traductions
Les albums de Gaston Lagaffe ont été traduits et édités dans différents pays, soit par les éditions Dupuis (Croatie, Danemark, Espagne, Italie, Pays-Bas, Pologne, Portugal et Serbie) soit par d'autres éditeurs.
Gaston Lagaffe change de nom dans certaines langues :
allemand : Gaston (sans nom de famille. Dans les premières traductions : Jo-Jo)
catalan : Sergi Grapes
danois : Vakse Viggo
espagnol : Tomás el Gafe
espéranto : Gastono Lafuŝ'
finnois : Niilo Pielinen
islandais : Viggó Viðutan
néerlandais : Guust Flater
norvégien : Viggo
serbo-croate : Gasa
turc: Chapchal Gazi (Şapşal Gazi)
Le film
La bande dessinée a été adaptée en 1981 dans un film live français intitulé "Fais gaffe à la gaffe!". Il fut réalisé par Paul Boujenah et comprenait Roger Mirmont dans le rôle de Gaston.
Le film fut un échec. L'interprétation des personnages caricaturaux de la B.D. dans un contexte crédible étant déjà difficile (bien que les comédies françaises aient tendance à montrer des personnages caricaturaux sans grand problème), mais la réalisation n'était apparemment pas non plus à la hauteur. Un problème particulier venait d'une intervention de Franquin lui-même: il ne voulait pas que ses personnages soient directement adaptés et avait interdit que l'on emploie leurs noms. En raison de cette intervention, les personnages ont changé de nom, ce qui ne pouvait que décevoir encore plus les fans: Gaston fut renommé « G », Prunelle « Prunus », Mademoiselle Jeanne « Pénélope » et de Mesmaeker « Mercantilos ».