-Le Congo belge fut le nom porté par le territoire de l'actuelle République démocratique du Congo (RDC) entre la fin de l'État indépendant du Congo, possession personnelle du roi Léopold II de Belgique jusqu'au 15 novembre 1908, et l'accession à l'indépendance congolaise intervenue le 30 juin 1960.
-En 1890, Léopold II avait donné comme gage du prêt consenti par le parlement la dévolution du Congo à la Belgique dans un délai de 10 ans. En 1895, quand Léopold eu à nouveau besoin de fonds on débattit encore une fois de l'annexion éventuelle mais cette-fois-ci la Belgique fut réticente. C'est la campagne internationale menée par le Royaume-Uni qui contraignit la Belgique à assumer le Congo. L'administration belge qui lui succéda fit tout pour effacer l'image de Léopold II comme tyran qui massacrait les populations pour s'enrichir. L'article 3 de la Charte Coloniale du 18 octobre 1908 prescrivait que : « Nul ne peut être contraint de travailler pour le compte et au profit de sociétés ou de particuliers ». Pour effacer l'image du caoutchouc et des mains coupées, on développa la culture du coton et du palmier à huile et la cueillette du caoutchouc sauvage fut remplacée par la culture de plantations d'hévéas. La Congo Reform Association, association britannique qui était à l'origine de la campagne orchestrée contre l'État indépendant du Congo, décida de se dissoudre en 1913, tandis que le Congo livrait 23 000 tonnes de coton en 1932 et 127 000 en 1939.
-L'enseignement a été mis en place par des missions chrétiennes privées qui finançaient leurs activités par l'agriculture ou la sylviculture d'exportation (Concordat avec le Vatican en 1906). Par exemple, en 1948, environ 99,6% des structures d'enseignement étaient contrôlées par les missions chrétiennes, 0,4% étaient détenues par des entreprises privées pour former leurs futurs employés. En 1940, le taux de scolarisation des enfants de 6 à 14 ans étaient de 12% et en 1954 de 37 %, ce qui plaçaient le Congo à l'époque au côté de l'Italie mais ces statistiques cachent un énorme gâchis scolaire : sur douze élèves à l'école primaire, seul un achève le cycle et de ceux-là, seul 1 sur 6 accède à l'école secondaire. Les missionnaires n'étaient évidemment ni pédagogues ni diplômés en lettre ou en science mais diplômés en théologie : leur objectif était plutôt de former des catéchumènes. Les missions étaient de plus tenues par des prêtres flamands, états-uniens ou scandinaves dont le français n'était pas la langue maternelle. L'enseignement secondaire destiné aux Congolais était presque uniquement axé sur les études professionnelles ou techniques, ce n'est qu'à partir de 1955 qu'on commence à développer les écoles secondaires (une comparaison peut se faire avec le Cameroun : en 1952, sous le mandat français, il y avait déjà 8000 élèves dans les écoles secondaires). Lors de l'indépendance, le Congo disposait cependant de deux universités comptant 466 étudiants blancs et noirs : l'Université Lovanium, fondée en 1954, et l'Université d'Elisabethville créée en 1959. Mais en dehors de ces universités, la ségrégation raciale mise en place séparait les enfants blancs et noirs qui fréquentaient des établissements scolaires distincts. Dans de nombreuses écoles, le fait de parler une langue congolaise était proscrit au niveau secondaire, de même pour la pratique de l'islam. Au niveau primaire, le Congo belge fut l'une des seules colonies d'Afrique où les langues locales (kikongo, lingala, tchiluba et swahili) furent enseignées, et ceci grâce aux missionnaires. Qui plus est, les langues congolaises ont pu être utilisées dans la musique populaire, ce qui a permis à l'industrie musicale congolaise de démarrer à cette époque. Néanmoins les missions ont remplacé le système d'éducation traditionnel.
-Les infrastructures sanitaires ont été mises en place par les entreprises pour leur personnel. Les chemins de fer étaient aussi aux mains d'entrepreneurs privés.
-Le contrôle de l'administration était dominé par la Belgique, sans organe démocratique pour les habitants. Le chef de l'État restait en toutes circonstances le Roi des Belges, mais la gestion journalière était dévolue au Gouverneur général, employé comme administrateur colonial par le Parlement belge. Contrairement à la situation dans certaines colonies britanniques et françaises, les colons blancs du Congo n'avaient aucun droits politiques.
-Diverses restrictions affectaient les Congolais. Dans les villes construites par les colonisateurs, les populations noires étaient refoulées dans les banlieues, souvent organisés en « cités indigènes », tandis que les centres-villes étaient réservés aux seuls Blancs. Les Noirs n'avaient pas le droit de sortir de leur habitation de 21 h à 4 h du matin. Ils ne servaient en fait que comme main d'½uvre au colon ou à l'administration coloniale (serviteur, artisans, mineurs, caissier, mécanicien, etc.). Les supermarchés tous situés aux centres villes leur étaient interdits d'accès : on leur avait juste réservé une petite fenêtre par laquelle ils pouvaient faire leurs achats. La coexistence entre Blancs et Noirs ressemblait souvent à un apartheid tempéré par les nombreuses missions religieuses. Pauvres pour la plupart, les Noirs étaient souvent victimes de contrôles policiers où ils devaient justifier la possession de leur argent. L'administration choisissait aussi certains Noirs et les obligeait à travailler 120 jours par an gratuitement pour elle. L'urbanisation du Congo belge était en fait forcée, puisque les autorités déportaient les populations la où elles en avaient besoin. Dans la Force publique, les Noirs ne pouvaient dépasser le grade de sous-officier. Après la Seconde Guerre mondiale, plusieurs réformes démocratiques furent introduites, mais les complications ethniques entre Congolais n'en permirent pas une bonne application.
-Le Congo belge fut l'un des premiers et des principaux exportateurs d'uranium pour les États-Unis au cours de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre froide (mine de Shinkolobwe).
-En 1890, Léopold II avait donné comme gage du prêt consenti par le parlement la dévolution du Congo à la Belgique dans un délai de 10 ans. En 1895, quand Léopold eu à nouveau besoin de fonds on débattit encore une fois de l'annexion éventuelle mais cette-fois-ci la Belgique fut réticente. C'est la campagne internationale menée par le Royaume-Uni qui contraignit la Belgique à assumer le Congo. L'administration belge qui lui succéda fit tout pour effacer l'image de Léopold II comme tyran qui massacrait les populations pour s'enrichir. L'article 3 de la Charte Coloniale du 18 octobre 1908 prescrivait que : « Nul ne peut être contraint de travailler pour le compte et au profit de sociétés ou de particuliers ». Pour effacer l'image du caoutchouc et des mains coupées, on développa la culture du coton et du palmier à huile et la cueillette du caoutchouc sauvage fut remplacée par la culture de plantations d'hévéas. La Congo Reform Association, association britannique qui était à l'origine de la campagne orchestrée contre l'État indépendant du Congo, décida de se dissoudre en 1913, tandis que le Congo livrait 23 000 tonnes de coton en 1932 et 127 000 en 1939.
-L'enseignement a été mis en place par des missions chrétiennes privées qui finançaient leurs activités par l'agriculture ou la sylviculture d'exportation (Concordat avec le Vatican en 1906). Par exemple, en 1948, environ 99,6% des structures d'enseignement étaient contrôlées par les missions chrétiennes, 0,4% étaient détenues par des entreprises privées pour former leurs futurs employés. En 1940, le taux de scolarisation des enfants de 6 à 14 ans étaient de 12% et en 1954 de 37 %, ce qui plaçaient le Congo à l'époque au côté de l'Italie mais ces statistiques cachent un énorme gâchis scolaire : sur douze élèves à l'école primaire, seul un achève le cycle et de ceux-là, seul 1 sur 6 accède à l'école secondaire. Les missionnaires n'étaient évidemment ni pédagogues ni diplômés en lettre ou en science mais diplômés en théologie : leur objectif était plutôt de former des catéchumènes. Les missions étaient de plus tenues par des prêtres flamands, états-uniens ou scandinaves dont le français n'était pas la langue maternelle. L'enseignement secondaire destiné aux Congolais était presque uniquement axé sur les études professionnelles ou techniques, ce n'est qu'à partir de 1955 qu'on commence à développer les écoles secondaires (une comparaison peut se faire avec le Cameroun : en 1952, sous le mandat français, il y avait déjà 8000 élèves dans les écoles secondaires). Lors de l'indépendance, le Congo disposait cependant de deux universités comptant 466 étudiants blancs et noirs : l'Université Lovanium, fondée en 1954, et l'Université d'Elisabethville créée en 1959. Mais en dehors de ces universités, la ségrégation raciale mise en place séparait les enfants blancs et noirs qui fréquentaient des établissements scolaires distincts. Dans de nombreuses écoles, le fait de parler une langue congolaise était proscrit au niveau secondaire, de même pour la pratique de l'islam. Au niveau primaire, le Congo belge fut l'une des seules colonies d'Afrique où les langues locales (kikongo, lingala, tchiluba et swahili) furent enseignées, et ceci grâce aux missionnaires. Qui plus est, les langues congolaises ont pu être utilisées dans la musique populaire, ce qui a permis à l'industrie musicale congolaise de démarrer à cette époque. Néanmoins les missions ont remplacé le système d'éducation traditionnel.
-Les infrastructures sanitaires ont été mises en place par les entreprises pour leur personnel. Les chemins de fer étaient aussi aux mains d'entrepreneurs privés.
-Le contrôle de l'administration était dominé par la Belgique, sans organe démocratique pour les habitants. Le chef de l'État restait en toutes circonstances le Roi des Belges, mais la gestion journalière était dévolue au Gouverneur général, employé comme administrateur colonial par le Parlement belge. Contrairement à la situation dans certaines colonies britanniques et françaises, les colons blancs du Congo n'avaient aucun droits politiques.
-Diverses restrictions affectaient les Congolais. Dans les villes construites par les colonisateurs, les populations noires étaient refoulées dans les banlieues, souvent organisés en « cités indigènes », tandis que les centres-villes étaient réservés aux seuls Blancs. Les Noirs n'avaient pas le droit de sortir de leur habitation de 21 h à 4 h du matin. Ils ne servaient en fait que comme main d'½uvre au colon ou à l'administration coloniale (serviteur, artisans, mineurs, caissier, mécanicien, etc.). Les supermarchés tous situés aux centres villes leur étaient interdits d'accès : on leur avait juste réservé une petite fenêtre par laquelle ils pouvaient faire leurs achats. La coexistence entre Blancs et Noirs ressemblait souvent à un apartheid tempéré par les nombreuses missions religieuses. Pauvres pour la plupart, les Noirs étaient souvent victimes de contrôles policiers où ils devaient justifier la possession de leur argent. L'administration choisissait aussi certains Noirs et les obligeait à travailler 120 jours par an gratuitement pour elle. L'urbanisation du Congo belge était en fait forcée, puisque les autorités déportaient les populations la où elles en avaient besoin. Dans la Force publique, les Noirs ne pouvaient dépasser le grade de sous-officier. Après la Seconde Guerre mondiale, plusieurs réformes démocratiques furent introduites, mais les complications ethniques entre Congolais n'en permirent pas une bonne application.
-Le Congo belge fut l'un des premiers et des principaux exportateurs d'uranium pour les États-Unis au cours de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre froide (mine de Shinkolobwe).


